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L'élection géorgienne et ce que le rêve géorgien représente et ne représente pas

Cette analyse des élections législatives géorgiennes de demain présente un certain nombre d'inconvénients communs à une grande partie de la couverture occidentale de ce concours. L'article commence:

Les tensions montent en Géorgie en prévision des élections législatives de lundi, alors que la violence et les arrestations d’activistes de l’opposition menacent de compromettre un vote crucial pour le pays pro-occidental, d’une importance stratégique, qui pourrait saper les progrès démocratiques de la décennie et se traduire par un changement d’orientation Russie.

Les élections de lundi devraient désormais être un appel serré entre le parti du Mouvement des Nations Unies pour le Royaume-Uni (UNM), parti du président Mikheil Saakashvili, et son rival, le milliardaire Bidzina Ivanishvili, fondatrice de la coalition d'opposition et de coalition pro-russe Rêve géorgien formée l'automne dernier.

Cet article rapporte correctement beaucoup de choses, mais il utilise involontairement l'encadrement de la politique géorgienne créé par Saakashvili et son parti au pouvoir, et il déforme de manière importante l'importance de l'élection. Comme aujourd'hui New York Times éditorial sur le même sujet, il promeut l'idée qu'Ivanishvili et sa coalition sont «pro-russes». Ce n'est rien de plus que répéter une accusation Saakashvili standard qui est utilisée contre tout critique ou dissident contre le parti actuel. Le gouvernement géorgien n’est pas le seul à qualifier de déloyal son opposition politique, et ce n’est pas le pire à cet égard, mais ce n’est pas une raison pour traiter ces accusations comme si elles étaient fondées.

Pourquoi les Américains devraient-ils se soucier de ce qui se passe en Géorgie? La Géorgie est un bénéficiaire de l’aide américaine (par habitant, elle est l’un des cinq premiers bénéficiaires de l’aide étrangère américaine) et un consensus bipartite est toujours en faveur de son admission à l’OTAN. La plus grande partie de la sympathie des Américains pour la Géorgie repose sur la conviction que Saakashvili préside un pays de plus en plus libre et démocratique, de sorte que les Américains devraient s'inquiéter du fait que la Géorgie soit devenue moins libre et devienne davantage un État à parti unique abusif. huit dernières années.

En tant qu'enfant d'affiche du «programme de liberté» de Bush dans l'ex-Union soviétique, la Géorgie de Saakashvili a été félicitée pour sa libéralisation politique qui ne s'est jamais produite. Selon le classement de Freedom House, la Géorgie est désormais moins libre en termes de protection des libertés civiles et des droits politiques que ce n'était le cas lorsque Chevardnadze était au pouvoir. Comme Michael Cecire l’a expliqué dans une colonne l’année dernière:

Bien que le score de Georgia House dans Freedom House se soit légèrement amélioré cette année - principalement grâce à une meilleure position de la part d'une opposition parlementaire surannée mais de plus en plus avisée -, son bilan sur les libertés politiques reste plus mauvais (.pdf) qu'au cours des derniers jours du régime kleptocratique de l'ancien président Eduard Shevardnadze.

Saakashvili n'est pas seulement en deçà de ses espoirs occidentaux mais il rend également le gouvernement géorgien plus illibéral qu'il ne l'était lorsqu'il a pris ses fonctions. Il n'est donc pas correct de parler de «presque dix années de progrès démocratique». Les huit dernières années ont déjà été marquées par une répression violente des manifestations de l'opposition, le harcèlement de journalistes critiques et une campagne d'intimidation constante à l'encontre des partisans du Rêve géorgien.

C'est une erreur de considérer Ivanishvili ou le rêve géorgien comme «pro-russe» pour deux autres raisons: il n'y a pas de circonscription en Géorgie pour un mouvement politique ou un politicien pro-russe, et la victoire du rêve géorgien lors de l'élection de demain n'annoncera réorientation majeure de la politique étrangère géorgienne. Ivanishvili affirme vouloir rétablir les relations avec la Russie, mais il exclut toute concession sur l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Il affirme vouloir maintenir la Géorgie sur la voie de l'intégration à l'Europe et ne propose aucun changement soudain ni nouvelle direction dans ses relations avec l'Occident.

L'élection de demain représente un test pour savoir si la Géorgie deviendra ou non un pays plus compétitif et pluraliste sur le plan politique. Le rêve géorgien représente le premier défi sérieux contre le régime de parti unique croissant en Géorgie depuis l’arrivée au pouvoir de Saakashvili, et il est dû en grande partie aux excès et aux exactions de Saakashvili et de ses ministres. En raison des abus récemment signalés dans le système pénitentiaire géorgien, le vote de demain pourrait donner des résultats très décents, ce qui serait l'un des premiers signes sains de la politique géorgienne depuis longtemps.

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